Pétrole sous 106 $ : les indices US restent sous pression

Publié le 25 septembre 2026

Le pétrole a enfin lâché du lest. Le Brent est retombé sous 106 dollars ce vendredi matin, cassant deux séances de hausse, sur des informations de médiation autour du détroit d'Ormuz. Et pourtant les indices américains ne repartent pas : les futures reculent encore, parce que le vrai poids sur Wall Street reste ailleurs, dans des taux longs au plus haut depuis 2007.

Pétrole et indices US, séance du 25 septembre 2026

Le pétrole recule, les indices US ne suivent pas

Jeudi, le baril avait explosé. Le Brent a gagné 4,71 % pour finir à 107,93 dollars et le WTI 4,58 % à 96,38 dollars, selon The National, après l'enlisement des discussions entre Washington et Téhéran à l'Assemblée générale de l'ONU et de nouveaux tirs houthis sur l'Arabie saoudite.

Vendredi, le ton a changé. Le Brent est redescendu à 105,31 dollars, en baisse de 1,2 %, des officiels qataris servant de médiateurs pour une réouverture par étapes du détroit, rapporte Trading Economics. Sur un mois, le baril reste quand même en hausse de 21 %.

Les indices, eux, n'ont pas bougé d'un cheveu. Le S&P 500 a terminé jeudi quasi inchangé à 7 704 points, le Nasdaq a effacé ses pertes en fin de séance et le Dow a cédé 0,31 %. Ce vendredi, les futures reculent de nouveau et le Dow file vers une quatrième semaine de baisse d'affilée.

Les taux longs font plus mal que le baril

Voilà le vrai sujet. Le rendement du 10 ans américain tourne autour de 5,10 à 5,20 %, au plus haut depuis 2007, et le 30 ans dépasse 5,43 %, un niveau qu'on n'avait plus vu depuis 2004. Tant que l'argent long coûte aussi cher, les multiples de valorisation ne peuvent pas s'étendre.

Collin Martin, responsable de la recherche obligataire au Schwab Center for Financial Research, résume bien le message : d'après Schwab, le marché obligataire dit que l'économie tient, que l'inflation reste un sujet et que les taux devront peut-être rester plus hauts que prévu.

Rick Rieder, directeur des investissements obligataires mondiaux chez BlackRock, va dans le même sens avec une formule plus brutale, reprise par Yahoo Finance : pas une crise, mais un réveil. Il note les actions d'un B moins.

Pourquoi le pétrole verrouille toute la chaîne

Le lien est direct. Un baril cher renchérit l'énergie, le transport et la production. Ces coûts finissent dans les prix à la consommation, donc dans les anticipations d'inflation, donc dans les taux longs. C'est le taux long qui frappe les indices, pas le baril en lui même.

Norbert Rucker, chez Julius Baer, pointe le cœur du problème : un risque de rupture d'approvisionnement toujours présent gonfle une prime de risque durable dans les prix. Autrement dit, le marché paie aujourd'hui un choc qui n'a pas encore eu lieu. Si Ormuz rouvre par étapes, cette prime se dégonfle, les anticipations d'inflation retombent et les indices reprennent de l'air. Si les discussions capotent, le scénario inverse s'enclenche.

L'Europe a déjà encaissé le coup. Le DAX a fini jeudi en baisse d'environ 0,6 %, au plus bas depuis le 24 juillet, plombé par la tech, l'automobile et les banques, selon Trading Economics. Infineon a perdu 3,9 %.

Niveaux clés du jour

Instrument Niveau (support / résistance) Variation (clôture de jeudi) Scénario / À surveiller
S&P 500 Support 7 676, résistance 7 730 -0,02 % Sous 7 676, la route s'ouvre vers 7 650. Au-dessus de 7 730, les acheteurs reprennent la main
Brent Support 102,52 $, résistance 110,04 $ +4,71 % Accord sur Ormuz et le baril va tester 102,52 $, puis 100 $. Échec des discussions et 110,04 $ redevient la cible

Pivots S&P 500 d'après Investing.com, niveaux Brent d'après TradingKey. Le Brent se traite vendredi matin à 105,31 $, soit une baisse de 1,2 % sur la journée en cours.

Agenda éco

  • Vendredi 14h30, commandes de biens durables d'août. Si le chiffre sort au-dessus des attentes, cela confirme que l'industrie tient et le 10 ans peut pousser vers 5,25 %, ce qui pèserait encore sur les indices. Un chiffre mou ferait au contraire retomber le taux vers 5,05 %.
  • Mercredi 30 septembre 14h30, prix PCE d'août et PIB du deuxième trimestre. C'est le vrai rendez vous. Si le PCE de base accélère sous l'effet de l'énergie, le marché repoussera encore l'idée d'une baisse de taux et les indices US resteront bloqués.
  • Vendredi 2 octobre 14h30, rapport sur l'emploi américain de septembre. Un marché du travail encore solide avec un pétrole cher, c'est le pire mélange possible pour les actions à ce stade.

L'essentiel

Le pétrole a reculé, mais cela ne suffit pas à libérer Wall Street tant que le 10 ans campe au-dessus de 5 %. Tout se joue sur Ormuz et sur le PCE de mercredi prochain.

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Ceci n'est pas un conseil en investissement.

Questions fréquentes

Pourquoi le détroit d'Ormuz fait-il bouger le pétrole ?

Près d'un cinquième du pétrole mondial transite par ce passage entre le Golfe et l'océan Indien. Toute menace sur le trafic fait grimper les prix, toute réouverture les détend.

Comment le pétrole influence-t-il l'inflation ?

Un baril durablement cher renchérit l'énergie, le transport et la production. Ces coûts se diffusent dans les prix à la consommation et compliquent le retour de l'inflation vers la cible des banques centrales.

Pourquoi la hausse des taux longs fait-elle baisser les actions technologiques ?

Les bénéfices des valeurs de croissance sont attendus loin dans le temps. Quand le rendement des obligations longues monte, ces profits futurs valent moins aujourd'hui et le coût de financement des investissements augmente.

Que mesurent les commandes de biens durables ?

Elles recensent les commandes passées aux industriels américains pour des produits censés durer au moins trois ans, comme les machines ou les avions. Un chiffre solide indique que les entreprises continuent d'investir.

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