Le Nasdaq perd 1,1 %, les taux US au plus haut depuis 19 ans
Publié le 24 septembre 2026
Le Nasdaq a perdu 1,1 % mercredi et le coup est parti du marché obligataire, pas de la tech. Le taux à 10 ans américain est monté à 5,11 %, au plus haut depuis 2007, après des enquêtes d'activité bien plus fortes que prévu. Tout Wall Street a suivi. La question du jour : jusqu'où les taux peuvent monter avant que les indices lâchent pour de bon.

Une économie trop solide pour les marchés
Les enquêtes d'activité S&P Global publiées mercredi ont pris le marché à contre-pied. L'indice manufacturier est ressorti à 57,0 contre 53,7 attendu, les services à 58,7 contre 55,8, et le composite à 58,4, au plus haut depuis cinq ans d'après Investrade. Une économie qui accélère à ce rythme, c'est de l'inflation en plus. Donc des taux hauts plus longtemps.
Les obligations ont réagi dans la seconde. Le rendement à 10 ans a pris près de 14 points de base pour finir à 5,106 %, et le 5 ans a touché 5 % pour la première fois depuis 2007, rapporte TheStreet. Quand un placement sans risque paie 5 %, les actions de croissance valent mécaniquement moins cher. C'est tout le problème du Nasdaq.
Pourquoi le Nasdaq souffre plus que les autres indices
Le classement de la séance dit tout. Le Nasdaq a lâché 1,1 %, le S&P 500 0,8 %, le Dow Jones 0,7 % et le Russell 2000 1,6 %. Plus de 72 % des valeurs américaines ont fini dans le rouge selon TheStreet, donc ce n'est pas l'affaire de deux ou trois dossiers.
Le Nasdaq paie sa concentration. La veille encore, il signait un record à 27 244 points, et la moitié de cette hausse venait de quatre valeurs de semi-conducteurs. Quand les taux montent, ce sont ces titres chèrement valorisés qui corrigent en premier. Le S&P 500 a mieux résisté grâce aux défensives et aux matières premières.
La Fed est redevenue le sujet numéro un
Le 16 septembre, la Fed a relevé ses taux de 25 points de base, à 3,75 % / 4,00 %, par 12 voix contre 0. Son président Kevin Warsh a été clair : l'inflation est trop élevée depuis trop longtemps. Le graphique des projections montrait déjà 16 membres sur 19 favorables à une hausse de plus avant la fin de l'année, rappelle Charles Schwab.
Les chiffres de mercredi ont fait basculer le marché. Le gouverneur Michael Barr a jugé que d'autres hausses seraient sans doute nécessaires pour ramener l'inflation à la cible dans des délais raisonnables. Dans la foulée, la probabilité d'une hausse en octobre est passée de 53 % à 68 % sur l'outil FedWatch du CME, d'après FXStreet. L'euro est tombé à 1,1401 dollar et l'indice dollar est remonté vers 101, au plus haut depuis fin juillet.
Niveaux clés du jour
| Instrument | Niveau (support / résistance) | Variation (séance du 23 septembre) | Scénario / À surveiller |
|---|---|---|---|
| Nasdaq Composite | Support 26 900 pts, résistance 27 244 pts (record du 22 septembre) | -1,1 % | Sous 26 900 en clôture, cap sur 26 000, le point bas du 16 septembre. Il faut repasser 27 244 pour relancer la hausse. |
| S&P 500 | Pivot 7 700 pts, support 7 600 pts (moyenne mobile 50 jours) | -0,8 % | Tant que 7 600 tient, la baisse reste une respiration. Une cassure nette sous ce seuil change le ton. |
| Taux 10 ans américain | Pivot 5,00 %, résistance 5,11 % (plus haut depuis 2007) | +13,9 points de base | Au-dessus de 5,11 %, la pression sur la tech repart. Sous 5,00 %, les indices respirent. |
Agenda éco
Jeudi 24 septembre, 14h30 (Paris) : inscriptions hebdomadaires au chômage, consensus 196 000. Sous 190 000, les taux montent encore et le Nasdaq repart à la baisse. Au-dessus de 210 000, première fissure dans l'emploi, les taux se détendent et la tech rebondit.
Jeudi 24 septembre, 16h00 (Paris) : ventes de logements neufs. Avec un crédit à 30 ans à 7,12 %, un chiffre faible dirait que les taux mordent enfin l'économie réelle.
Vendredi 25 septembre, 14h30 (Paris) : commandes de biens durables. Une hausse solide hors transport donnerait un argument de plus au camp de la hausse d'octobre.
Vendredi 25 septembre, 16h00 (Paris) : confiance des ménages Michigan, version finale. La préliminaire était tombée de 51,7 à 47,8, avec des anticipations d'inflation à un an à 4,6 %. Une confirmation pèserait encore sur les taux longs.
L'essentiel
Le Nasdaq recule parce que le marché obligataire a changé de régime, avec un 10 ans au plus haut depuis dix-neuf ans et une hausse de la Fed en octobre redevenue le scénario principal. Tant que ce taux reste au-dessus de 5 %, chaque bonne nouvelle économique arrive comme une mauvaise nouvelle pour les indices.
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Ceci n'est pas un conseil en investissement. Contenu purement informatif.
