Pétrole à 90 $ : Wall Street recule après les frappes en Iran
Publié le 31 août 2026
Le pétrole a bondi de plus de 2 % cette nuit après des frappes américaines en Iran, et Wall Street aborde la dernière séance d'août sur la défensive. Les futures du S&P 500 et du Nasdaq reculent, alors que les paris sur une hausse de taux de la Fed en septembre viennent de sauter à 57 %. Un baril plus cher pile au moment où la banque centrale se dit inquiète de l'inflation, c'est le scénario que les indices n'avaient pas mis dans leurs prix.

Le pétrole repasse 90 dollars après les frappes en Iran
Dans la nuit de dimanche à lundi, l'armée américaine a détruit deux lance-roquettes iraniens sur l'île de Larak, à l'entrée du détroit d'Ormuz. Le CENTCOM affirme que les Gardiens de la révolution s'apprêtaient à tirer des roquettes emportant des mines marines. Téhéran a riposté avec des missiles balistiques et des drones sur deux bases aériennes américaines en Jordanie. La défense jordanienne a intercepté huit missiles et aucune victime n'a été signalée, rapporte Benzinga.
Le marché a réagi tout de suite. Le Brent est repassé au-dessus de 90 dollars, en hausse d'environ 2,7 %, et le WTI est remonté vers 85 dollars, selon Trading Economics. C'est le premier accrochage direct depuis plus d'un mois dans un couloir maritime par lequel transite une grande partie du brut mondial, détaille OilPrice.
Wall Street encaisse, la Fed complique l'équation
Vendredi, les indices avaient déjà terminé dans le rouge. Le S&P 500 a fini à 7 711,71 points en baisse de 0,25 %, le Nasdaq composite à 26 402,42 avec un repli de 0,52 %, et le Dow à 53 559,99, quasiment à l'équilibre, d'après TheStreet. Les trois indices sauvent quand même une semaine positive.
Le coup de chaud est venu de Jackson Hole. Kevin Warsh, le président de la Fed, a estimé que l'économie « semble s'être renforcée » tout en répétant que l'inflation restait trop haute. En une journée, la probabilité d'une hausse de 25 points de base en septembre est passée de 35 % à 57 %. Le rendement du 2 ans américain est monté à 4,33 %, son plus haut niveau depuis un mois.
Tom Essaye, fondateur de Sevens Report Research, avait prévenu avant le discours que Warsh devait « signaler au marché qu'il n'a pas l'intention de lancer une campagne prolongée de hausses de taux ». Le message n'est pas venu. Les valeurs sensibles aux taux ont trinqué et le Russell 2000 a perdu 1,31 %.
Ce que le pétrole change pour le S&P 500 et le Nasdaq
Un baril à 90 dollars pousse l'inflation vers le haut par le carburant, le transport et les coûts de production. C'est là que le dossier devient gênant. La Fed veut voir l'inflation revenir vers 2 % avant de relâcher la pression, et un choc énergétique repousse cette échéance. Les indices se retrouvent donc pris entre deux forces qui tirent du même côté.
La divergence la plus parlante se lit sur l'or. Une escalade militaire fait normalement grimper le métal jaune. Là, il recule sous 4 450 dollars, plombé par des taux qui pourraient monter et qui rendent le cash plus rémunérateur. Le dollar, lui, en profite. L'indice dollar tient autour de 99,6 et le yen a cassé le seuil de 160. Sim Moh Siong, stratégiste change chez OCBC, juge que « la défense de la cible d'inflation par Warsh a levé un frein majeur sur le dollar », rapporte Reuters.
L'Europe part avec un temps de retard sur la nouvelle. Vendredi, l'Euro Stoxx 50 avait gagné 0,95 % et le DAX 0,77 %, tirés par l'automobile. Ce lundi, Londres est fermée pour un jour férié, ce qui va assécher les volumes toute la séance.
Niveaux clés du jour
| Instrument | Niveau (support / résistance) | Variation (dernière séance) | Scénario / À surveiller |
|---|---|---|---|
| S&P 500 | Support 7 600, résistance 7 800 | -0,25 % vendredi | Sous 7 700 en clôture, la zone 7 600 redevient la cible. Au-dessus de 7 800, le record de 7 816,70 revient dans le viseur |
| Brent | Support 85 dollars, résistance 93 dollars | +2,7 % lundi matin | Franchir 93 dollars ferait repasser le marché en mode choc pétrolier. Un retour sous 85 dollars signerait le dégonflement de la prime de risque |
Agenda éco
Mardi 1er septembre, 11h00 : inflation flash de la zone euro pour août. Au-dessus de 3 %, les paris sur une BCE plus ferme repartent et l'euro peut reprendre du terrain face au dollar.
Mardi 1er septembre, 16h00 : indice ISM manufacturier américain. Un chiffre au-dessus de 50 valide l'idée d'une économie qui tient, renforce le camp de la hausse de taux et pèse sur les indices.
Jeudi 3 septembre, 16h00 : ISM des services. Le sous-indice des prix payés est le vrai point d'attention. S'il grimpe, le marché additionne pétrole cher et inflation de services.
Vendredi 4 septembre, 14h30 : rapport sur l'emploi américain d'août. Juillet avait affiché 23 000 destructions de postes pour un chômage à 4,1 %. Un rebond net ferait passer la probabilité de hausse au-delà de 57 %, un chiffre faible la ferait retomber.
L'essentiel
Le pétrole au-dessus de 90 dollars après les frappes en Iran ajoute une pression inflationniste dont la Fed se serait bien passée. Wall Street entame la dernière séance d'août avec 57 % de probabilité de hausse de taux en septembre et un rapport emploi vendredi.
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Ceci n'est pas un conseil en investissement. Contenu purement informatif.
