Pétrole à 88 $ : le S&P 500 cale sous son record

Publié le 11 août 2026

Le pétrole a repris la main sur Wall Street. Le Brent a bondi de 5 % lundi, sa quatrième séance de hausse, et le S&P 500 est resté bloqué juste sous son record. À la veille de l'inflation américaine, les indices ne regardent plus les résultats d'entreprises mais le baril.

Pétrole et indices boursiers américains le 11 août 2026

Le pétrole casse la meilleure semaine depuis avril

Vendredi, le S&P 500 avait inscrit un record à 7 757,64 points au terme de sa meilleure semaine depuis avril, avec 3,6 % de hausse en cinq séances. Lundi, la machine s'est arrêtée. L'indice a terminé à 7 753,11 points, en repli de 4,53 points, d'après le relevé de l'agence AP. Le Dow a perdu 60,95 points à 53 975,98 et le Nasdaq composite a cédé 0,32 % à 26 605,36. Le Russell 2000, plus sensible aux coûts, a lâché 0,6 %.

Un seul mot explique la séance : Ormuz. Téhéran dit toucher au but avec Oman sur de nouvelles voies de navigation, mais réclame la levée des sanctions et des réparations de guerre avant toute réouverture, rapporte Reuters. Le Brent a fini à 87,72 dollars et le WTI à 82,13 dollars. Mardi matin, les deux montent encore.

Pourquoi le baril fait peur cette fois

Le détroit laisse passer près d'un cinquième du pétrole mondial. Avant la guerre, 130 navires le traversaient chaque jour. Du 4 au 6 août, ils n'étaient plus que huit à quinze, selon Al Jazeera qui cite les données de MarineTraffic. Tant que ce compteur ne remonte pas, la prime de risque reste dans le prix.

Dennis Kissler, responsable du trading chez BOK Financial, résume l'état d'esprit : les opérateurs tablent maintenant sur une offre tendue plus longtemps que prévu. Tim Waterer, de KCM Trade, ajoute que le marché veut voir des tankers bouger pour de vrai avant de payer moins cher. Goldman Sachs a chiffré la facture : un mois de blocage de plus suffirait à porter le Brent au-dessus de 100 dollars en moyenne sur l'année.

L'inflation tombe au pire moment pour les indices

Voilà pourquoi les indices sont coincés. L'emploi américain a détruit 23 000 postes en juillet quand le marché en attendait 82 000. Un chiffre pareil devrait écarter toute hausse de taux. Sauf que l'énergie a grimpé de plus de 20 % sur le mois et que l'IPC (CPI) de mercredi est attendu à 3,4 % sur un an après 3,5 %, selon Kiplinger.

Le marché donne donc environ une chance sur deux à une hausse de taux de la Fed en septembre, note FXStreet en citant ING. Une économie qui ralentit et une inflation qui repart, c'est le pire mélange pour des indices assis sur leurs plus hauts. Le VIX est remonté de près de 4 % lundi mais reste sous 16, et l'indice Fear & Greed affiche 65, encore en zone de cupidité.

La tech recule, l'énergie ramasse la mise

Nvidia a perdu 2 % et environ 104 milliards de dollars de capitalisation, Apple 2 % et près de 88 milliards, relève The Motley Fool. Intel a chuté de 4 % après avoir annoncé une émission d'actions de 15 milliards de dollars. Microsoft a sauvé les meubles avec 2,1 % de hausse. L'énergie a été le seul secteur vraiment porté. Malgré tout, JPMorgan garde une cible de 8 000 points sur le S&P 500 d'ici la fin de l'année.

Niveaux clés du jour

Instrument Niveau (support / résistance) Variation (séance du 10 août) Scénario / À surveiller
S&P 500 Support 7 709, résistance 7 845 -0,06 % à 7 753,11 Sous 7 709, la zone 7 655 revient vite en jeu. Au-dessus de 7 845, le record de vendredi est enfoncé pour de bon.
WTI Support 76,80 $ (moyenne 200 séances), résistance 82,43 $ +5 % à 82,13 $ Au-dessus de 82,43 $, la route s'ouvre vers 85,91 $. Un retour sous 79 $ signalerait que la prime géopolitique se dégonfle.
Or (XAU/USD) Résistance 4 390 $ (moyenne 100 séances) +1,14 % à 4 390,85 $ Une clôture nette au-dessus de 4 390 $ confirmerait que le marché achète la protection contre l'inflation.

Agenda éco

Mardi 16h00 : ventes de logements anciens aux États-Unis. Un chiffre faible alimenterait le scénario d'une économie qui cale et soutiendrait les obligations.

Mercredi 14h30 : IPC (CPI) américain de juillet, attendu à 3,4 % sur un an. Au-dessus de 3,5 %, le pari d'une hausse de taux repasse devant et le S&P 500 va chercher 7 709. En dessous de 3,3 %, la résistance des 7 845 redevient jouable.

Jeudi 14h30 : prix à la production et inscriptions au chômage. Un chiffre chaud confirmerait que l'énergie se diffuse déjà dans les prix de gros.

Vendredi 14h30 : ventes au détail de juillet. Un trou d'air après l'emploi ferait glisser le débat de l'inflation vers la croissance.

L'essentiel

Le pétrole dicte la séance et le S&P 500 attend l'inflation de mercredi pour choisir son camp. Tant qu'Ormuz reste bloqué, la prime de risque reste dans le baril, et gérer la taille de position compte plus que la conviction, un réflexe utile pour réussir un challenge prop firm.

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Ceci n'est pas un conseil en investissement. Contenu purement informatif.

Valeurs citées : US500, US100, WTI, BRENT, XAUUSD

Questions fréquentes

Comment le pétrole influence-t-il l'inflation ?

Un baril durablement cher renchérit l'énergie, le transport et la production. Ces coûts se diffusent dans les prix à la consommation et compliquent le retour de l'inflation vers la cible des banques centrales.

Pourquoi le détroit d'Ormuz fait-il bouger le pétrole ?

Près d'un cinquième du pétrole mondial transite par ce passage entre le Golfe et l'océan Indien. Toute menace sur le trafic fait grimper les prix, toute réouverture les détend.

Pourquoi la Fed relèverait-elle ses taux ?

Une banque centrale relève son taux directeur quand l'inflation reste au-dessus de sa cible. Des taux plus élevés freinent la demande mais pèsent sur les actions et soutiennent souvent le dollar.

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