Emploi américain : 80 000 postes attendus, la Fed en jeu
Publié le 7 août 2026
Le marché américain joue sa séance sur un seul chiffre. L'emploi américain de juillet tombe à 14h30, et il va trancher un débat que la Fed elle-même n'a pas su régler fin juillet : faut-il remonter les taux en septembre. Le S&P 500 et le Dow arrivent sur ce rendez-vous après deux séances de repli.

Wall Street cale avant le chiffre
Jeudi, le Dow Jones a lâché 464 points, à 53 885,10, soit une baisse de 0,85 %. Le S&P 500 a cédé 0,18 %, à 7 709,96, sa deuxième séance de repli d'affilée. Le Nasdaq Composite a limité la casse, à 26 348,35 points. Le déclencheur est venu du pétrole. Le Brent a repris de la hauteur sur les doutes autour du détroit d'Ormuz, ce qui a poussé le rendement du 10 ans américain à 4,68 %, huit points de base de plus. Des taux qui montent la veille d'un rapport sur l'emploi, cela suffit à faire lever le pied.
Ce vendredi matin, les futures américains bougent à peine. L'Asie a reculé, avec un Nikkei en baisse de 0,7 % et un KOSPI qui perd 1 %. L'Europe tient mieux, d'après Saxo, avec un STOXX 600 en hausse de 0,2 % et un Brent revenu à 83,46 $.
Ce que le rapport sur l'emploi américain doit montrer
Le consensus attend 80 000 créations de postes en juillet, après seulement 57 000 en juin. Le taux de chômage est vu stable à 4,2 % et le salaire horaire moyen à +3,5 % sur un an. Le détail comptera autant que le chiffre principal. Avril et mai ont déjà été révisés en baisse de 74 000 postes au total, et Goldman Sachs rappelle que les mois de juillet déçoivent souvent, avec de fortes révisions négatives derrière.
Deux indicateurs publiés jeudi brouillent les cartes. Les annonces de licenciements Challenger sont tombées à 33 430 en juillet, très loin des 59 000 redoutés, et la productivité a accéléré à 1,4 % alors que le marché tablait sur 0,6 %. Le marché du travail semble donc moins fragile qu'on le pensait il y a une semaine.
Pourquoi la Fed regarde ce chiffre de si près
Le 29 juillet, la Fed a laissé son taux directeur dans la fourchette 3,50 % à 3,75 %, mais le vote a été serré : 9 voix contre 3. Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan voulaient une hausse immédiate de 25 points de base. Le président Kevin Warsh a résumé la séance à sa façon : « J'avais demandé une bonne dispute de famille, je l'ai eue. »
Le marché en a tiré ses conclusions. L'outil FedWatch du CME donne 57,2 % de probabilité à une hausse de 25 points de base en septembre. Un emploi solide ce vendredi ferait grimper ce chiffre et pèserait sur les indices, la tech en premier. Un chiffre mou ferait exactement l'inverse.
Un sentiment porteur, mais un levier record
L'indice Fear & Greed de CNN affiche 60, en zone d'avidité, et le VIX se traîne à 15,15. Rien d'inquiétant en surface. Sauf que Jamie Dimon, le patron de JPMorgan, a mis en garde cette semaine : la dette sur marge n'a jamais été aussi élevée, et une bonne partie ne porte même pas ce nom. Avec un tel levier, un chiffre d'emploi hors consensus coûte plus cher que d'habitude.
Niveaux clés du jour
| Instrument | Niveau (support / résistance) | Variation | Scénario / À surveiller |
|---|---|---|---|
| S&P 500 | Support 7 620 (plus haut de juin) | -0,18 % (clôture de jeudi) | Katie Stockton, de Fairlead Strategies, veut deux clôtures consécutives au-dessus de 7 620 pour valider la cassure. Sous ce seuil, la hausse de l'été redevient un simple rebond. |
| Or (XAU/USD) | Support 4 130 à 4 180 $, résistance 4 380 $ | +0,60 % (vendredi matin) | Emploi faible et probabilité de hausse qui recule : l'or va chercher 4 380 $. Emploi fort : retour vers la zone des 4 180 $. |
Le Dow et le Nasdaq n'offrent pas de niveau technique aussi net ce matin. Ils suivront le S&P 500.
Agenda éco
Vendredi 14h30 : emploi américain de juillet. Au-dessus de 120 000 créations, la probabilité d'une hausse en septembre dépasse nettement 60 % et les taux longs montent, ce qui pèse sur les indices. Sous 40 000, le scénario s'inverse et l'or reprend la main.
Mercredi 12 août, 14h30 : indice des prix à la consommation (IPC) américain de juillet. Une inflation qui accélère effacerait l'effet d'un chiffre d'emploi faible et remettrait la hausse de septembre au centre du jeu.
L'essentiel
Le marché américain se joue sur un seul chiffre à 14h30, et l'enjeu n'est pas la croissance mais la prochaine décision de la Fed. Le S&P 500 garde la main tant qu'il reste au-dessus de 7 620 points.
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Ceci n'est pas un conseil en investissement.
