S&P 500 : les résultats des banques face au record

Publié le 13 octobre 2026

Le S&P 500 a terminé lundi à 7 807 points, à douze points seulement de son record de clôture. La suite dépend des résultats des banques américaines, qui ouvrent la saison ce mardi avant la cloche à Wall Street. Et le timing est délicat, parce que les puces repartent à la baisse en Asie et tirent le Nasdaq vers le bas.

Résultats des banques et S&P 500, séance du 13 octobre 2026

Les indices avancent en ordre dispersé

Lundi, le Dow Jones a gagné 195 points (+0,38 %) à 51 850. Le S&P 500 a cédé 4 points et le Nasdaq composite a lâché 0,44 % à 27 246, plombé par les fabricants de mémoire. Le marché obligataire, lui, était fermé pour Columbus Day.

Ce mardi matin, les futures racontent la même histoire. Le contrat sur le S&P 500 recule de 0,1 %, celui sur le Nasdaq 100 de 0,2 %, quand le Dow gagne quelques points, d'après IC. L'argent sort de la tech et cherche un autre moteur. Les banques arrivent au bon moment pour le lui donner.

Pourquoi les résultats des banques comptent autant

JPMorgan, Goldman Sachs, Citigroup et Wells Fargo publient vers 13h00, heure de Paris. Les analystes de LSEG attendent 5,94 dollars par action chez JPMorgan contre 5,07 un an plus tôt, 12,44 dollars chez Goldman Sachs, 2,41 chez Citigroup et 1,85 chez Wells Fargo. Pour les plus grands établissements, les bénéfices sont vus en hausse jusqu'à 20 % sur un an, selon Reuters.

Sauf que le marché ne regarde pas vraiment le bénéfice. Il regarde le taux à 10 ans. Les taux longs ont grimpé à des sommets inédits depuis plus de vingt ans, et un trader veut savoir si cette hausse va faire exploser le coût des dépôts des banques. L'indice bancaire KBW a déjà perdu 13 % depuis son sommet de clôture d'août et 6 % sur le trimestre.

Cheryl Pate, gérante chez Angel Oak Capital Advisors, se veut rassurante : « Nous n'attendons pas de gros mouvements de dépôts vers des produits mieux rémunérés, ni de hausse brutale du coût des dépôts. » Erika Najarian, analyste chez UBS, a prévenu ses clients qu'il faudra trois garanties pour relancer les financières : un carnet de commandes solide en banque d'investissement, une croissance du crédit tenue, et des dépôts sous contrôle.

Les puces tirent dans l'autre sens

Pendant la nuit, le Kospi a perdu plus de 6 % et repassé la barre des 6 000 points, son plus bas depuis le 31 juillet. Le Nikkei a cédé environ 2 %. En cause, la concurrence chinoise sur les puces mémoire et de nouveaux doutes sur les dépenses d'intelligence artificielle, qui ont frappé SK Hynix, Samsung, Kioxia et Tokyo Electron, d'après CNBC.

Le problème, c'est que le record du S&P 500 tient à peu de titres. Seulement 34 % des valeurs de l'indice se maintiennent au-dessus de leur moyenne mobile à 50 jours, et 48 % au-dessus de celle à 200 jours, selon FXStreet. Si les banques ne prennent pas le relais aujourd'hui, l'indice n'a plus grand monde pour le porter. Gérer ce genre de séance à deux vitesses fait partie des réflexes à travailler quand on passe un challenge de prop firm.

Niveaux clés du jour

Instrument Niveau (support / résistance) Variation (clôture de lundi) Scénario / À surveiller
S&P 500 Résistance 7 819 (record de clôture du 7 octobre), support 7 800 -0,06 % à 7 807 Une clôture au-dessus de 7 819 fait tomber le record. Sous 7 800, l'indice retombe vers la zone des 7 765
Nasdaq composite Support 27 193 (plus bas de clôture du 8 octobre) -0,44 % à 27 246 Sous 27 193, les puces entraînent tout l'indice. Au-dessus de 27 366, la pression retombe
Taux 10 ans US Résistance 5,31 % (plus haut depuis mai 2002) 5,19 %, contre 5,26 % vendredi Un retour vers 5,31 % pèse sur les banques et sur les indices. Sous 5,15 %, la tech respire

Agenda éco

  • Mardi 13h00 : JPMorgan, Goldman Sachs, Citigroup et Wells Fargo. Si les revenus de banque d'investissement dépassent les attentes, le Dow et les financières prennent le relais de la tech. S'ils déçoivent, le S&P 500 reste coincé sous son record.
  • Mardi 16h00 : ventes de logements anciens aux États-Unis. Un chiffre faible rappelle que les taux longs freinent l'économie réelle et peut faire reculer le 10 ans.
  • Mercredi 14h30 : IPC américain (CPI) de septembre, attendu à 3,7 % sur un an contre 3,4 % le mois précédent, selon Admiral Markets. Au-delà de 3,8 %, une hausse de taux revient sur la table pour la réunion des 27 et 28 octobre et les indices décrochent. À 3,6 % ou moins, le S&P 500 a la voie libre.
  • Mercredi avant l'ouverture : Bank of America et Morgan Stanley. Leur direction a déjà prévenu que les commissions de banque d'investissement reculeraient d'au moins 10 %.

L'essentiel

Le S&P 500 est à douze points de son record et il lui manque un moteur, parce que les puces le lâchent. Les résultats des banques de ce mardi décident si les financières peuvent prendre ce rôle avant le chiffre d'inflation de mercredi.

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Ceci n'est pas un conseil en investissement. Contenu purement informatif.

Questions fréquentes

Pourquoi les résultats des banques ouvrent-ils la saison ?

Les grandes banques américaines publient avant les autres secteurs, car leur exercice comptable se clôture tôt. Comme elles prêtent à toute l'économie, leurs commentaires sur le crédit, les dépôts et les opérations de marché servent de premier thermomètre pour le trimestre.

Qu'est-ce que la saison des résultats ?

La saison des résultats est la période où les entreprises publient leurs comptes trimestriels. Aux États-Unis, elle s'ouvre avec les grandes banques et donne le ton au marché : des bénéfices supérieurs aux attentes soutiennent les indices, des chiffres décevants les font reculer.

Qu'est-ce que la largeur du marché ?

C'est la part des valeurs qui participent vraiment à la hausse d'un indice, mesurée par exemple par le nombre de titres au-dessus de leur moyenne mobile à 50 jours. Quand cette part est faible, le record de l'indice tient à une poignée de dossiers et devient plus fragile.

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