Pétrole à 99 $ : le Dow perd 628 points avant l'IPC

Publié le 9 septembre 2026

Le pétrole dicte sa loi au marché américain. Le Brent est repassé au-dessus de 99 dollars ce mercredi, son plus haut niveau depuis près de sept semaines, après une séance de mardi où le Dow Jones a lâché 628 points. Les indices ne réagissent plus aux résultats d'entreprises mais au baril, et surtout à ce qu'il va faire à l'inflation américaine avant le chiffre de vendredi.

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Le pétrole trie les indices américains

Mardi, les trois grands indices n'ont pas souffert de la même façon. Le Dow Jones a perdu 1,18 % à 52 786 points, sa deuxième séance de baisse d'affilée. Le S&P 500 a reculé de 0,58 % à 7 674 points et le Nasdaq Composite de seulement 0,32 % à 26 421 points, d'après le récapitulatif de séance de Motley Fool. Cet écart dit l'essentiel. Les valeurs industrielles et cycliques du Dow paient le carburant cher, la tech le paie beaucoup moins.

Deux dossiers ont alimenté la baisse. Le Canada a activé ses droits de douane de rétorsion sur environ 20 milliards de dollars de produits américains après l'échec des négociations commerciales. Et les tensions entre Washington et Téhéran se sont durcies, avec des frappes américaines sur des pétroliers iraniens près de l'île de Kharg. Selon Trading Economics, le Brent s'échange à 98,88 dollars et le WTI à 93,83 dollars ce mercredi.

Ce que le baril fait à l'inflation

Le calcul est mécanique. Un baril à 99 dollars, c'est environ 46 % de plus qu'il y a un an. Cette hausse remonte dans les prix à la pompe, dans le transport, dans les coûts de production, puis dans l'IPC (CPI). Or l'inflation américaine était déjà à 3,4 % sur un an en juillet, avec un sous-jacent à 2,5 %, selon le BLS. On part donc de haut.

C'est ce qui change tout pour la Fed. Le rapport sur l'emploi de vendredi dernier a montré 162 000 créations de postes en août, très loin des 55 000 attendus. Les traders donnent maintenant près de 60 % de chances à une hausse de taux de 25 points de base le 16 septembre, ce qui porterait le taux directeur de 3,75 % à 4,00 %. En deux semaines, le marché est passé d'un scénario de baisse à un scénario de hausse.

Goldman Sachs a chiffré le risque. La banque a relevé ses prévisions de 5 dollars et vise un Brent à 85 dollars fin 2026, mais prévient qu'un dépassement des 120 dollars devient possible si les attaques sur le transport maritime s'intensifient et si la production du Golfe reste environ 4 millions de barils par jour sous ses niveaux d'avant-guerre. Daan Struyven, co-responsable de la recherche matières premières de la banque, place le détroit d'Ormuz au centre du problème.

Le signal étrange du VIX

Voilà l'anomalie du moment. Malgré le baril, la guerre commerciale avec le Canada et un risque de hausse de taux dans une semaine, le VIX a clôturé à 15,61, en hausse de 2 % seulement. En clair, se couvrir ne coûte presque rien. Soit les investisseurs pensent que le pic de tension est derrière eux, soit ils sous-estiment le chiffre de vendredi. Les deux ne peuvent pas être vrais en même temps.

L'Europe vit la même histoire par l'autre bout. Le rendement du Bund allemand à 10 ans tourne autour de 3,38 %, au plus haut depuis 2011, et la BCE devrait relever ses taux de 25 points de base jeudi. Les 65 économistes interrogés par Reuters sont unanimes, ce qui porterait le taux de dépôt à 2,50 %. L'or profite du climat et se tient autour de 4 370 dollars. Le bitcoin, lui, stagne sous 79 000 dollars.

Niveaux clés du jour

Instrument Niveau (support / résistance) Variation (journalière) Scénario / À surveiller
S&P 500 Support 7 450, résistance 7 780 à 7 800 -0,58 % (clôture mardi) Tant que 7 450 tient, la baisse reste une respiration. Sous ce seuil, la zone 7 230 à 7 250 revient dans le viseur
Brent Support 95 $, résistance 100 $ +0,98 % Une clôture au-dessus de 100 $ valide le scénario haussier de Goldman. Sous 95 $, la prime de risque se dégonfle
Or (XAU/USD) Support 4 360 $, résistance 4 455 à 4 465 $ +0,22 % Un IPC mou relance la hausse vers 4 465 $. Un chiffre chaud ramène le métal vers 4 305 $

Agenda éco

Jeudi 10 septembre, 14h15 (Paris), décision de la BCE. Si la hausse de 25 points de base est confirmée et que le ton reste ferme, l'euro peut aller chercher 1,17 dollar. Si Francfort insiste sur la prudence, la paire redescend vers 1,16.

Jeudi 10 septembre, 14h30, prix à la production (PPI) américains d'août. Au-dessus de 0,2 % sur le mois, le pétrole est déjà passé dans les coûts des entreprises et les futures S&P 500 encaisseront avant même l'IPC.

Jeudi 10 septembre, 18h00, stocks pétroliers hebdomadaires de l'EIA, décalés à jeudi après le Labor Day. Une baisse des stocks plus forte que prévu pousserait le Brent vers 100 dollars.

Vendredi 11 septembre, 14h30, IPC américain d'août. C'est le rendez-vous de la semaine. Au-dessus de 3,5 % sur un an, la hausse de taux du 16 devient quasi actée et les indices corrigent. Sous 3,3 %, le S&P 500 peut retourner tester 7 780 points.

L'essentiel

Le pétrole à 99 dollars est le seul sujet qui compte pour Wall Street cette semaine, parce qu'il décide de l'IPC de vendredi et donc de la Fed du 16 septembre. Le Dow paie déjà l'addition quand la tech résiste, et un VIX sous 16 laisse très peu de marge si le chiffre déçoit.

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Ceci n'est pas un conseil en investissement. Contenu purement informatif.

Questions fréquentes

Comment le pétrole influence-t-il l'inflation ?

Un baril durablement cher renchérit l'énergie, le transport et la production. Ces coûts se diffusent dans les prix à la consommation et compliquent le retour de l'inflation vers la cible des banques centrales.

Pourquoi l'IPC fait-il bouger les marchés ?

L'IPC (indice des prix à la consommation, « CPI » en anglais) mesure l'inflation aux États-Unis. Un chiffre plus élevé que prévu pousse la Fed à garder des taux hauts, ce qui pèse sur les actions et les actifs risqués ; un chiffre plus faible nourrit l'espoir d'une baisse de taux et soutient le marché.

Pourquoi le détroit d'Ormuz compte-t-il pour les marchés ?

Environ un cinquième du pétrole mondial transite par ce passage entre l'Iran et Oman. Toute menace sur le trafic fait grimper la prime de risque sur le baril, puis se diffuse aux indices et à l'inflation.

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