Fed : la hausse des taux revient, le S&P 500 tient 7 708
Publié le 20 août 2026
Les minutes de la Fed ont changé le sujet de conversation. Beaucoup de membres jugent qu'une hausse des taux deviendra nécessaire si l'inflation ne reflue pas. Wall Street a pourtant fini dans le vert mercredi, avec un S&P 500 à 7 708 points, aidé par le repli des taux longs.

Ce que disent vraiment les minutes de la Fed
Le compte rendu de juillet, publié mercredi soir, montre un comité coupé en deux. Le vote s'est joué 9 contre 3, et les dissidents Beth Hammack (Cleveland), Lorie Logan (Dallas) et Neel Kashkari (Minneapolis) voulaient déjà un quart de point de plus. Surtout, selon Forbes, de nombreux participants ont estimé qu'une hausse serait « probablement nécessaire si l'inflation ne baissait pas ». Le taux directeur reste dans la fourchette 3,50 % à 3,75 %.
La plupart des membres tablent toujours sur un reflux régulier des prix. Mais comme le résume Quartz, c'est le vote le plus divisé depuis des années. Et l'inflation reste au-dessus de la cible : l'IPC américain (CPI) de juillet ressort à 3,4 % sur un an, cœur à 2,5 %, d'après le BLS.
Pourquoi les indices ont quand même terminé en hausse
Parce que le marché obligataire a soufflé. Le Trésor américain a doublé ses rachats de dette longue, et le rendement à 30 ans est retombé à 5,19 % après un pic à 5,34 %, son plus haut depuis dix-neuf ans. Le 10 ans est revenu à 4,65 %. Les trois indices ont donc coupé une série de trois séances de baisse : S&P 500 à 7 708 points (+0,21 %), Dow Jones à 53 463 points (+0,22 %) et Nasdaq Composite à 26 331 points (+0,16 %).
L'Asie a suivi. Le Nikkei a repris 1,41 % à 66 250 points jeudi matin, sur la même détente obligataire, quand le DAX est resté au point mort à 26 116 points. Ce matin, les futures américains montent un peu, le contrat S&P 500 de 0,16 % et le Nasdaq 100 de 0,42 %, selon Benzinga.
La hausse des taux, un risque que les actions ignorent
Voilà le vrai décalage. Le marché obligataire hurle, le marché actions dort. Le VIX traîne à 14,89, près de son plus bas de l'année, et l'indice Fear and Greed affiche 56, en zone de cupidité. Pendant ce temps, les traders donnent 34,6 % de chances à une hausse en septembre et 68,4 % d'ici décembre.
Phil Camporeale, chef stratège investissement chez J.P. Morgan Wealth Management, explique dans une note relayée par Chase que la lenteur de la normalisation autour du détroit d'Ormuz et les doutes sur la crédibilité anti-inflation de la Fed ont « abaissé la barre » pour une hausse en septembre. Pour un trader, ce risque n'est plus dans le prix des options.
Le pétrole et le dollar racontent la même histoire
Deux prix expliquent le problème. Le WTI tient 84,53 dollars, en hausse de plus de 3 % sur la semaine, à cause du bras de fer entre Washington et Téhéran autour d'Ormuz. Une énergie chère, c'est ce qui empêche l'inflation de redescendre vite.
Le dollar ne joue pas le jeu non plus. L'euro grimpe à 1,1602, au plus haut depuis deux mois, alors qu'une Fed plus dure devrait le faire reculer. Le marché des changes doute donc de la fermeté annoncée. L'or tient 4 494 dollars l'once et le bitcoin 65 320 dollars, détails dans notre suivi marché.
Niveaux clés du jour
| Instrument | Niveau (support / résistance) | Variation journalière | Scénario / À surveiller |
|---|---|---|---|
| S&P 500 (futures ES) | Support 7 690 à 7 700, résistance 7 770 à 7 800 | +0,21 % | Au-dessus de 7 800, le record du 13 août à 7 798,99 tombe et 8 000 devient la cible. Sous 7 690, la consolidation d'août casse et la moyenne mobile 50 à 7 567 revient dans le viseur. |
| EUR/USD | Support 1,1530 à 1,1521, résistance 1,1601 à 1,1576 | +0,23 % | Une clôture au-dessus de 1,1601 ouvre la zone 1,1660 à 1,1668. Sous 1,1521, le dollar reprend la main, ce que produirait une vraie peur de resserrement. |
Agenda éco
14h30 : inscriptions hebdomadaires au chômage. Si le chiffre grimpe nettement, le marché range la hausse de taux au placard et les indices respirent. S'il reste bas, les faucons gagnent un argument.
14h30 : indice manufacturier de la Fed de Philadelphie. Activité qui rebondit et prix payés qui montent, c'est le pire mélange pour les actions.
16h00 : indicateurs avancés de juillet. Chiffre de second rang, mais une nouvelle baisse relance le débat sur le ralentissement.
Semaine prochaine : Jackson Hole du 27 au 29 août, avec le discours de Kevin Warsh vendredi 28 au matin, sa première fois là-bas comme président de la Fed. S'il valide le resserrement, la réunion du 16 septembre devient brûlante.
L'essentiel
La Fed a rouvert la porte à une hausse des taux et le marché actions fait comme si de rien n'était, tant que les taux longs reculent. Au-dessus de 7 690, la tendance du S&P 500 reste intacte, mais la marge d'erreur se réduit avant Jackson Hole.
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Ceci n'est pas un conseil en investissement.
