Avant le IPC de mai, le dollar domine et l'or décroche

9 juin 2026

Les indices américains ont rebondi lundi, mais le marché obéit à un seul maître cette semaine : la Fed. Le rapport emploi de vendredi a réveillé les paris sur une hausse de taux en décembre, un revirement qui pèse sur l'or, l'euro et pousse le yen vers sa zone d'intervention. Mercredi, le IPC de mai tranchera.

La Fed reprend la main

Vendredi, l'économie américaine a créé 172 000 emplois en mai, presque le double du consensus de 85 000. De quoi doucher les espoirs de détente monétaire : selon l'outil FedWatch du CME, la probabilité d'une hausse de taux en décembre est passée à 72%, contre 45% une semaine plus tôt. Le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, hérite d'une équation délicate, une inflation relancée par le choc pétrolier et un marché du travail qui refuse de ralentir. Les rendements à dix ans sont remontés au plus haut en deux semaines, ce qui change tout pour les actifs sans coupon.

L'or et l'euro encaissent

L'or a payé le prix de ce repricing. Le métal est tombé autour de 4 290 dollars l'once, son plus bas depuis plus de deux mois, et il évolue sous sa moyenne mobile à 200 jours pour la première fois depuis octobre 2023. Même logique sur le change : l'euro est retombé vers 1,15 dollar, au plus bas depuis le 6 avril, tandis que le dollar reste ferme face à l'ensemble du G10. Le yen, lui, se traite près de 160 pour un dollar, la zone qui a déjà déclenché des avertissements verbaux de Tokyo. Les autorités japonaises répètent qu'elles sont prêtes à agir.

Le pétrole se détend, les indices respirent

La note plus constructive vient du Moyen-Orient. Téhéran a cessé ses frappes contre Israël et Washington évoque un nouveau cessez-le-feu, ce qui a fait refluer le brut : le WTI traite autour de 91 dollars, loin des pics provoqués par la crainte d'une fermeture du détroit d'Ormuz. Ce répit a aidé les actions. Le S&P 500 a fini lundi à 7 405,73 points (+0,30%) et le Nasdaq Composite à 25 929,66 (+0,86%), portés par le rebond des semi-conducteurs après la pire séance de l'indice depuis avril 2025 la semaine passée. Le Dow, lui, a cédé un symbolique 0,16%.

Cap sur le IPC

Tout converge vers mercredi. Le IPC de mai est attendu chaud : les économistes de Wells Fargo tablent sur +0,5% sur le mois et une inflation proche de 4% sur un an, gonflée par l'énergie. Un chiffre conforme ou supérieur validerait le scénario d'une Fed bloquée, voire offensive, et renforcerait le dollar. Une surprise à la baisse offrirait une bouffée d'air aux actifs sensibles aux taux. D'ici là, la prudence domine, le VIX autour de 21,5 et un indice Fear & Greed à 40 le confirment. Pour suivre ces points de bascule au quotidien, notre newsletter résume l'essentiel avant l'ouverture.

Niveaux clés du jour

Instrument Niveau / Prix Variation À surveiller
S&P 500 7 405,73 +0,30% Tenue du rebond avant le IPC
Nasdaq Composite 25 929,66 +0,86% Leadership des semi-conducteurs
Dow Jones 50 786,01 -0,16% Rotation hors de la tech
Or (XAU/USD) environ 4 290 $ environ -1% MM200 et zone 4 300 $
EUR/USD environ 1,15 en baisse Plus bas depuis le 6 avril
USD/JPY environ 160 quasi stable Risque d'intervention de Tokyo

Agenda éco du jour

La séance de mardi est légère : balance commerciale d'avril à 14h30 (heure de Paris) et ventes de logements existants de mai à 16h00. Le vrai rendez-vous tombe demain, mercredi, avec le IPC de mai à 14h30, juge de paix de la semaine. Jeudi suivront le PPI et les inscriptions au chômage, puis vendredi la confiance des ménages du Michigan, après un plus bas record à 44,8 en mai.

L'essentiel

Les indices rebondissent, mais le dollar et les taux dictent le tempo avant un IPC de mai attendu brûlant. Or sous pression, euro au plus bas et yen sur sa ligne rouge : la séance se jouera sur les nerfs. Retrouvez le détail des marchés sur notre page marché.

Ceci n'est pas un conseil en investissement. Contenu purement informatif.

Questions fréquentes

Pourquoi l'IPC fait-il bouger les marchés ?

L'IPC (indice des prix à la consommation, « CPI » en anglais) mesure l'inflation aux États-Unis. Un chiffre plus élevé que prévu pousse la Fed à garder des taux hauts, ce qui pèse sur les actions et les actifs risqués ; un chiffre plus faible nourrit l'espoir d'une baisse de taux et soutient le marché.

Pourquoi l'or recule-t-il quand le dollar monte ?

L'or est coté en dollars. Quand le billet vert se renforce, l'once devient plus chère pour les acheteurs en d'autres devises, ce qui freine la demande et pèse sur le prix.

À quelle heure sort l'IPC américain ?

À 8h30 heure de l'Est, soit 14h30 à Paris. C'est l'une des publications macro les plus suivies du mois.